Manger à nouveau normalement
On ne pense pas à l'assiette quand on arrête. Le corps, lui, y pense beaucoup. Il a des retards à rattraper, et il le fait souvent maladroitement.
Beaucoup de consommations coupent l'appétit, ou le dérèglent, ou le remplacent. On mangeait mal, tard, peu, ou n'importe quoi. Quand le produit s'en va, l'appétit revient, parfois brutalement, et il revient avec des demandes précises : du sucre, du gras, du sel, tout de suite. Ce n'est pas de la gourmandise. C'est un corps qui répare.
Pourquoi le sucre appelle
Le circuit de la récompense, celui que le produit occupait, cherche un remplaçant. Le sucre en est un, rapide et disponible. C'est pour ça que tant de gens prennent quelques kilos dans les mois qui suivent un arrêt, en particulier après le tabac ou l'alcool. Les professionnels le disent sans dramatiser : mieux vaut quelques kilos qu'une rechute, et ces kilos-là se perdent quand l'équilibre revient.
Ce qui aide, ce n'est pas la privation, qui ajoute une frustration à une période qui en a déjà assez. C'est la régularité : trois repas à heures fixes, un vrai petit-déjeuner, des en-cas prévus plutôt que subis. Un corps qui sait qu'il va être nourri réclame moins.
Les réserves à refaire
Une consommation prolongée épuise souvent certaines réserves, en particulier les vitamines du groupe B et le magnésium, dont le corps a besoin pour le système nerveux. C'est en partie ce qui explique la fatigue et l'irritabilité des premières semaines, au-delà du manque lui-même. Un médecin peut vérifier tout cela par une simple prise de sang, et c'est une bonne raison de le consulter au moment de l'arrêt plutôt que d'attendre.
Sur le plan de l'assiette, ce qui aide, c'est ce qui aide tout le monde : des légumes, des légumineuses, des céréales complètes, des fruits à coque, du poisson, de l'eau. Rien d'exotique. Le corps en sevrage n'a pas besoin de régime, il a besoin de carburant régulier et de bonne qualité.
Le café et le reste
Le café est souvent le compagnon qui reste quand les autres s'en vont. Il n'est pas interdit, mais il alimente l'anxiété de réglage et abîme le sommeil. Les premières semaines, il vaut mieux le tenir à distance de l'après-midi. Même chose pour les boissons énergisantes, qui donnent au corps une stimulation qu'il n'a pas les moyens d'absorber.
Enfin, si l'appétit ne revient pas du tout, si l'on perd du poids sans le vouloir, si manger devient un problème en soi, ce n'est pas anodin. C'est une chose à dire au médecin ou au centre d'accompagnement, qui ont l'habitude de ces déséquilibres et savent les corriger.
- Consultez votre médecin traitant, il connaît votre situation.
- Les centres d'accompagnement (CSAPA) reçoivent gratuitement et sans condition.
- La Fédération Addiction recense les professionnels près de chez vous.
- Drogues Info Service répond au 0 800 23 13 13, anonymement.