Se refaire une routine
Le produit structurait les journées, même mal. Quand il s'en va, les journées s'effondrent. Il faut leur redonner une charpente, et elle est plus simple qu'on ne croit.
On ne s'en rend compte qu'après : la consommation organisait le temps. Le premier du matin, celui de la pause, celui du soir. Les journées avaient des jalons, discutables, mais des jalons. Quand on arrête, le temps devient une nappe sans relief. Les heures se ressemblent, on ne sait plus quand manger, quand s'arrêter, quand se coucher.
Ce flottement est l'un des grands facteurs de rechute, parce que le vide appelle. La réponse n'est pas de remplir, c'est de structurer.
Trois piquets suffisent
Il n'est pas nécessaire de planifier ses journées à la minute. Trois piquets bien plantés tiennent une tente : l'heure du lever, l'heure des repas, l'heure du coucher. Les mêmes tous les jours, week-end compris, au moins les premières semaines. Le corps aime la régularité plus que n'importe quoi, et les recherches sur les rythmes, relayées notamment par Santé publique France, montrent qu'un horaire stable stabilise aussi l'humeur et le sommeil.
La lumière du matin
C'est le réglage le plus simple et le plus négligé. Sortir dans les trente minutes qui suivent le lever, quinze ou vingt minutes dehors, même par temps gris, remet l'horloge interne à l'heure. Elle sait alors quand il est jour, donc quand il sera nuit, et le soir arrive au bon moment. Les gens qui adoptent cette seule habitude décrivent souvent une amélioration du sommeil en une semaine.
Marcher, sans objectif
La marche n'est pas du sport, c'est une régulation. Elle donne une sortie à l'énergie nerveuse du sevrage, elle occupe le corps quand la tête tourne, elle expose à la lumière, elle fatigue sainement. Une demi-heure par jour, sans destination particulière, fait plus pour l'équilibre des premières semaines que bien des efforts plus ambitieux.
Une chose à la fois
La tentation, quand on arrête, est de tout changer : sport, alimentation, travail, relations. C'est trop. Le sevrage est déjà un chantier. Une routine simple, tenue, vaut mieux qu'un programme parfait abandonné au bout de dix jours. On ajoute une brique quand la précédente tient.
Et si la routine ne prend pas, si les journées restent informes malgré les efforts, si l'on n'arrive pas à se lever, c'est le moment de demander un cadre extérieur. Les centres d'accompagnement proposent justement des rendez-vous réguliers qui servent de piquets, le temps que les siens tiennent tout seuls.
- Consultez votre médecin traitant, il connaît votre situation.
- Les centres d'accompagnement (CSAPA) reçoivent gratuitement et sans condition.
- La Fédération Addiction recense les professionnels près de chez vous.
- Drogues Info Service répond au 0 800 23 13 13, anonymement.