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Historique

Le Gr.e.i.d. (Groupe Ecoute Information Dépendance) a été créé en 1981, à partir des équipes de secteur de Psychiatrie de l’arrondissement de Valenciennes et s’est constitué en association en mai 1986.  Les objectifs de l’association sont de mettre en œuvre toute forme d’action permettant : 

  • l’accueil, l’écoute et le soin des toxicomanes,
  • l’accueil, l’écoute et le soutien des personnes de leur entourage familial et social. Ceci permettra de mieux situer une conduite dans son contexte socio-culturel,
  • la prévention par le biais de l’information et de la formation de toute personne appelée à être confrontée au problème de la toxicomanie …

… moyen pour les équipes de santé mentale des secteurs et inter-secteurs de Psychiatrie de l’arrondissement de Valenciennes, de poursuivre l’action qu’elles ont entreprise en ce domaine depuis 1980, elle pourra également servir de groupe de soutien pour d’autres personnes impliquées moins spécifiquement dans la lutte contre la toxicomanie  … (article 4 des Statuts).

 

Le projet initial était de mettre en place, à destination d’adolescents et de jeunes adultes usagers de produits illicites ou détournés de leur usage, et de parents ou de proches, un lieu d’accueil et d’écoute permettant un suivi en ambulatoire et un accompagnement dans le temps, et d’inscrire ce travail dans une démarche de partenariat avec les autres acteurs des champs sanitaire, éducatif et social et les structures spécialisées de la région.

A dater de 1986, les intervenants du Gr.e.i.d. employés du Centre Hospitalier de Valenciennes (praticiens hospitaliers, infirmiers de secteur psychiatrique, psychologues, assistante sociale) y travaillaient dans le cadre d’une convention avec le centre Hospitalier.

Lorsque qu’a été créé une permanence en 1981, il n’y avait sur le valenciennois aucun lieu pour un accueil et une prise en charge spécifique des personnes toxicomanes. Il n’y avait pas non plus de réflexion sur une démarche de prévention. 

Le Centre Psychothérapique de Saint Saulve accueillait, de temps à autre, un ou deux usagers. Le plus souvent, il s’agissait de personnes extérieures à la région, voire d’étrangers, adressés par les services des douanes qui les avaient interpellés à proximité de la frontière. L’entrée se faisait toujours en catastrophe et le séjour lui succédait sur le même rythme.

Nous avions par ailleurs rencontré quelques usagers de haschisch dans le cadre des signalements de la D.D.A.S.S (aujourd’hui Agence Régionale de Santé - ARS -). Et si nous savions par ouï-dire que des parents s’inquiétaient ou souhaitaient une information, les demandes ne nous parvenaient pas, et ne parvenaient pas non plus ailleurs.

Aussi avons-nous mené une politique volontariste en assurant une présence en différents lieux :

  • C.M.P de l’arrondissement, services hospitaliers, permettant notamment qu’y soit initié un cadre nécessaire à l’accueil pour les cures de sevrage (psychiatrie, médecine générale, dermatologie).
  • Maison d’arrêt avec le statut de visiteur de prison, et l’animation de groupes de parole,
  • et par ailleurs en nous situant comme groupe ressource auprès des intervenants des champs sanitaire et social.

 

La création du C.C.P.D. (Conseil Communal de Prévention de la Délinquance) de Valenciennes a permis que s’instituent des lieux de rencontre, de travail et de formation entre professionnels de ces champs et que s’élabore une politique de prévention, d’accès aux soins, puis de réduction des risques au niveau de la commune, puis de l’arrondissement.

Une première subvention de l’Etat permet, à partir de 1987, de rémunérer un médecin généraliste qui assurait une vacation en maison d’arrêt. En 1992, le Ministère de la Santé a agréé un projet d’ouverture d’Appartements Thérapeutiques, qui se concrétisera avec le recrutement de deux éducateurs spécialisés et d’une secrétaire comptable.

La convention signée avec l’Etat en 1993 en référence au décret n° 92-590 du 29 juin 1992, relatif aux centres spécialisés de soins aux toxicomanes, a consacré : 

  • les activités du Centre d’Accueil et de Soins Ambulatoires,
  • l’ouverture de six appartements thérapeutiques,
  • l’accueil de familles et l’animation de groupes de parents,
  • et par ailleurs, l’animation et le soutien technique du Réseau 59/62, réseau de lieux permettant un accueil de proximité et facilitant l’accès aux soins.

Ces dernières activités étaient jusqu’alors assumées par l’association A.R.P.E.J  (Association Rencontre Parents Et Jeunes) qui nous a sollicité en 1993 avec l’accord de la D.D.A.S.S. pour assurer le relais.

La création en 1995 d’un Réseau toxicomanie Ville Hôpital a reconnu et formalisé un étroit travail de partenariat entre le Gr.e.i.d., les équipes soignantes du Centre Hospitalier, plusieurs médecins regroupés au sein de l’Association Généralistes et Toxicomanie 59/62, et pharmaciens d’officine et le réseau d’intervenants dans le domaine social avec lesquels nous travaillons de façon régulière.

Pour sa part,  le Centre Hospitalier s’est inscrit dans la démarche,

  • en s’investissant dans une co-gestion du centre de traitement par la méthadone (Centre du Pont Neuf) à dater de juillet 1996,
  • en créant, en 1995, un poste de psychiatre, praticien hospitalier, qui assure, à mi-temps, la coordination hospitalière du réseau ville hôpital, et sur son autre mi-temps, un accompagnement des personnes séropositives ou malades du S.I.D.A. et de leurs proches.
  • en créant en septembre 1997, une équipe de Liaison Toxicomanie, intervenant de façon transversale, dans les différents services hospitaliers ; travail qui a modifié, de façon essentielle la relation entre usagers de produits et structures hospitalières,
  • puis en décembre 2002, l’Unité de Traitement des Dépendances, unité de 7 lits, dont 1 lit mère-enfant, plus 2 pour un accueil rapide dans en cas de crise.

En juillet 2003, le C.S.S.T. du Gr.e.i.d. a été intégré dans le champ des établissements sociaux et médico-sociaux (arrêté préfectoral du 21 juillet 2002). L’équipe des intervenants a été complètement renouvelée au cours de l’année 2005.

La dernière création de l’association est celle d’une Consultation Jeunes Consommateurs (Historiquement appelé : "Consultation cannabis"), animée par une psychologue à mi temps, destinée aux jeunes consommateurs et à leurs proches.

Un projet de CAARUD  a reçu un avis favorable du C.R.O.S.M.S. en mars 2009.

Très récemment, le Gr.e.i.d. s’est inscrit dans le groupe de travail « Addictologie » de la Communauté d’Etablissements hospitaliers  du Valenciennois et a participé à la rédaction du projet de Charte d’Addictologie de la zone de proximité de Valenciennes, visant à consacrer à plus ou moins long terme la filière de soins en addictologie du territoire.

Le travail de partenariat, sur le terrain, se poursuit comme en témoigne l’activité du Groupe d’Echanges sur les Pratiques, co-animé depuis 2000 par des intervenants du Gr.e.i.d. et de l’Inter-secteur en Alcoologie, et proposé aux professionnels des champs social et médico-social et de l’Education Nationale.

 

L’association s’est investie dans le domaine de la prévention dès l’origine : 

  • Information et travail de réflexion d’adultes et de jeunes en petits groupes, en particulier en milieu scolaire,
  • Participation à la formation d’adultes, notamment des professions sanitaires et sociales,
  • Mise à disposition d’une documentation spécialisée dans les domaines de l’adolescence, des addictions, du SIDA et des hépatites,
  • Travail de liaison avec les responsables locaux et les structures inscrites dans une démarche de prévention (C.R.E.S., EPICEA, C.H.A.A.F.I.P…)

Nous avons adhéré très vite à l’Association Nationale des Intervenants en Toxicomanie (devenue A.N.I.T.E.A.) en raison d’une convergence avec : 

  • Ses fondements éthiques et ses valeurs : « Tout être a le droit au respect et à la dignité »
  • Une éthique de l’intervention
    • accessibilité aux différents traitements,
    • libre choix,
    • anonymat, 
    • gratuité.
  • La reconnaissance des usagers de substances psychoactives en tant que personnes et citoyens dans les pratiques de soin et de prévention, ainsi que dans les lieux décisionnels les concernant.
  • La conception que les phénomènes de consommation de substances psychoactives ne peuvent être isolés du contexte social, culturel et économique dans lequel ils s’inscrivent.
  • La confrontation et l’échange entre les intervenants en addictologie de milieux différents : prévention, santé, justice, champ social …
  • Ses orientations politiques
    • Promouvoir une clinique de l’intervention en addictologie basée sur le modèle tri-varié : approche globale de la personne, médicale, psychologique et sociale, et non sur les seuls produits.
    • Défendre une approche préventive basée sur l’éducation, permettant que s’établissent et s’apprennent les limites et les repères encadrant les usages et conduites addictives.
    • Lutter contre la stigmatisation des usagers de substances psychoactives et faire évoluer les représentations de la société sur les addictions.
    • Participer à la reconnaissance des usagers en tant que personnes citoyennes.

Dans ce contexte, dès les années 1980, L’A.N.I.T.E.A et ses adhérents ont milité pour une vraie réforme de la loi de 1970 et de la dépénalisation de l’usage.